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Le Bèlè

TRINIDAD and TOBAGO

Trinidad

Bien que cette île, la plus grande des îles du sud, ne soit pas connue comme terre de bèlè il y est pratiqué depuis le tournant du 19e siècle. Ce sont principalement les femmes qui dansent. Les hommes sont au tambour. Selon les historiens, ce bèlè a émergé à la fin des années 1790 quand de très nombreux esclaves sont arrivés de la Martinique avec leurs propriétaires blancs et mulâtres qui fuyaient l’impact de la Révolution dans l’île. Ils se sont installés à Trinidad qui était alors colonie espagnole, en vertu d’une Cédule qui les y autorisait.

À l’origine danse d’esclaves créoles, dans les années 1820-30 le bèlè se donnait surtout pendant la saison du carnaval, dans des bals où le port de la grand-robe, la robe douillette, était la norme. Le souvenir de ce vêtement d’apparat se retrouve encore dans le costume des danseuses d’aujourd’hui. Les mouvements de jupe qui soulignent les mouvements gracieux des danseuses sont une des caractéristiques principales de ce bèlè. En constante évolution, il fait désormais partie des arts de la scène pour lesquels de nouvelles chorégraphies sont créées. Il continue toutefois à se transmettre de façon informelle dans certaines communautés.

Tobago

À Tobago le bèlè renvoie à une histoire et un passé différents. Arrachée aux Amérindiens en 1763, l’île de Tobago fut immédiatement transformée en colonie sucrière par les Anglais. Convoitée par les Français autant que par les Anglais, Tobago a plusieurs fois changé de mains jusqu’en 1803 où elle est redevenue anglaise pour le rester jusqu’à l’indépendance en 1962. En quarante ans, entre 1763 et 1803, les Anglais et les Français y ont déporté tant de travailleurs Africains qu’à la fin de la traite en 1807, sur une population totale de près de 19 000 habitants, plus de 18 000 était des noirs. Ils étaient en moyenne trente quatre noirs pour un blanc.

Ainsi, bien que le bèlè ait été introduit à Tobago par des esclaves venus de la Martinique, il s’y est développé dans un contexte culturel fortement africanisé. Les danses qui le composent sont pour la plupart du pur divertissement. Certaines toutefois, favorisent la communion avec les ancêtres, notamment quand elles sont exécutées dans le contexte des festivités saraka (salaka feast).

Le bèlè de Tobago, comme celui de Trinidad, consiste en une série de danses exécutées principalement par des femmes sur une musique de tambours et de chant responsorial et où le mouvement des jupes longues et virevoltantes complète les gestes gracieux et élégants des danseuses.

Trinidad

Even though the island, the largest one of the Lesser Antilles, is not well known as a land of bèlè, it has been practiced ever since the turn of the nineteenth century. Women would usually perform as men hit the drum. According to the historians, this bèlè emerged during the late 1790’s after white and mulatto slaveowners, who were fleeing the impact of the French Revolution in Martinique and other French possessions, brought their slaves to Trinidad with them. The land they settled in was under Spanish domination but they were granted the authorization to stay.

In the beginning, bèlè was originally a dance performed by creole slaves. In the years 1820-30, it mainly occurred during Carnival, on the occasion of balls where wearing the Wob Dwiyèt, was a standard. We can still find remains of that Wob Dwiyèt in nowadays performers’ costumes. The movements of the skirts that emphasize the dancers’ elegant moves contribute to characterize this bèlè. Constantly evolving, it is now one of the performing arts for which new choreographies are created. However, it is still informally taught within some communities.   

Tobago

The bèlè in Tobago points to a much more different History. The island was forcefully taken from the Amerindians in 1763 and was immediately turned into a sugar-producing colony by the British. With both British and French coveting the island, the island’s title was passed back and forth until 1803 when it became British and remained so until its independence in 1962. The British and the French deported so many African slaves between 1763 and 1803, that at the end of the trade in 1807, more than 18,000 inhabitants, in 19,000 were Black. For each White person there were thirty-four Black persons.

Thus, it was in this context that bèlè arrived from Martinique and settled into an already deeply Africanized Tobago. Its aim was purely to entertain, however, in some instances, dances were performed to honor the ancestors, such as during the Salaka feast.

Just like in Trinidad, Tobago’s bèlè also consists of a series of dances performed by women who twirl their long skirts in unison with the beat of the drum.


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