Par: Josilda Acosta Figueras
Instituto de Cultura Puertorriqueña

La Plena est un genre musical folklorique afro-portoricain, qui inclue également une partie dansée. On évalue l’origine de la Plena au début du vingtième siècle dans le quartier de la Joya del Castillo, dans la ville de Ponce, quartier d’ouvrier du pays. Ce quartier fut peuplé par d’anciens esclaves et des campagnards ayant migré vers la ville à cause des difficultés économiques de l’époque. Plusieurs évènements historiques influencèrent l’économie de Porto Rico entre la fin du dix-neuvième et le début du vingtième siècle : l’abolition de l’esclavage et l’arrivée des Américains.

1873 marque l’abolition de l’esclavage et les esclaves libérés migrèrent vers les villes afin de chercher de meilleures opportunités de travail. Cette situation ruina plusieurs propriétaires terriens qui dépendaient de la main-d’œuvre bon marché ; les campagnards émigrèrent aussi vers les villes. L’arrivée des Américains en 1898 ruina quelques usines sucrières, plantations de café et de tabac qui ne pouvaient pas suivre la compétition, ni s’ajuster aux changements dans le commerce et la devise. Les travailleurs de café et de tabac perdirent également leurs employés, qui avaient émigrés vers les villes. La cohabitation entre les esclaves libérés, les campagnards, les Espagnols, les Européens et les anciens esclaves des colonies britanniques en Amérique, contribua à l’ origine de la Plena, mélangeant les traditions musicales de chacun.

La plena est également connue sous le nom du « journal chanté », dû aux thématiques qu’elle développe. On y raconte des histoires de la vie quotidienne : naissances, décés et événements qui affectent Porto Rico. Sur ce modèle furent composées les plenas les plus célébres : “Mataron a Elena”, “Llegó el obispo”, “Tintorera del mar” et beaucoup d’autres.

A l’origine, la Plena se caractérisait par l’utilisation de trois panderos (petits tambours de différentes tailles et accords) : le suiveur (el seguidor), le deuxième (el segundo) et le requinto. A cela s’ajoute le güiro (instrument portoricain fabriqué à base de figuier) et la sinfonía, sorte d’accordéon. D’autres instruments ont été ajoutés à la forme moderne de la Plena et la sinfonía fut substituée.

De la même façon qu’avec la Bomba, la Plena se transmet de père en fils. Un de ses premiers représentants fut Joselino (Bumbúm) Oppenheimer. Sa famille et ses descendants perpétuèrent la tradition et, en émigrant, emmenèrent la Plena avec eux.
Sindo Mangual Oppenheimer s’installa a Fajardo et fonda Los Pleneros de Oriente. La Plena s’exporta aussi jusqu’à la ville de Mayagüez, où elle s’est développée avec quelques variantes comme les déclamations qui ont rendu célèbre Mon Rivera. Ses descendants suivirent la même modalité. La façon de jouer et le répertoire de la Plena varient donc selon les régions de l’île.

La Plena s’imposa également aux Etats-Unis avec les migrations des travailleurs de tabac aux Etats-Unis dès 1916 jusqu’aux années 40. Le groupe de Manuel (Jiménez) Canario fut un des premiers à avoir été rendus célèbres aux Etats-Unis et à Porto Rico.

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